Succession sur le Valais : ce qu’il faut savoir pour organiser sa transmission patrimoniale


Introduction

Le canton du Valais présente certaines particularités qui méritent une attention particulière en matière successorale. Le canton compte en effet un nombre important de résidences secondaires, de patrimoines immobiliers familiaux, ainsi que d’exploitations agricoles et viticoles dont la transmission soulève régulièrement des questions juridiques complexes.

Si les règles successorales de fond sont définies par le droit fédéral suisse, les conséquences fiscales et patrimoniales d’un décès peuvent varier sensiblement selon la composition du patrimoine et la localisation des biens.

L’absence de planification peut entraîner des situations que le défunt n’aurait probablement pas souhaitées : indivision prolongée entre héritiers, difficultés de transmission d’un chalet familial, charge fiscale importante pour un concubin ou encore vente forcée d’un bien immobilier afin de financer des soultes ou des impôts successoraux.

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1. Les règles successorales applicables au Valais

Comme dans l’ensemble de la Suisse, les successions sont régies par le Code civil suisse.

Les règles sont donc identiques que vous résidiez à Sion, Sierre, Martigny, Monthey, Brig, Viège ou dans toute autre commune du canton.

En l’absence de testament ou de pacte successoral, la loi détermine elle-même les héritiers ainsi que leurs droits respectifs.

Les héritiers légaux sont appelés dans l’ordre suivant :

  • les descendants (enfants, petits-enfants) ;
  • les parents et leurs descendants (frères et sœurs, neveux et nièces) ;
  • les grands-parents et leurs descendants.

Le conjoint survivant hérite en concours avec ces différents ordres selon les règles prévues par le Code civil.vil.


2. Les réserves héréditaires depuis la réforme de 2023

Depuis le 1er janvier 2023, le droit successoral suisse a renforcé la liberté de disposer de son patrimoine.

Aujourd’hui :

  • les descendants disposent d’une réserve correspondant à la moitié de leur part légale ;
  • le conjoint survivant dispose également d’une réserve correspondant à la moitié de sa part légale ;
  • les parents ne bénéficient plus d’aucune réserve héréditaire.

Cette évolution a augmenté la quotité disponible, c’est-à-dire la part du patrimoine que chacun peut attribuer librement par testament. Cette liberté permet notamment de favoriser un concubin, un beau-fils ou une belle-fille, un ami, une association ou une fondation.

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3. Résidences secondaires et chalets familiaux : une source fréquente de difficultés

Le Valais concentre une part importante des résidences secondaires de Suisse. De nombreux chalets et appartements de montagne sont détenus depuis plusieurs générations par une même famille.

Au décès du propriétaire, ces biens deviennent souvent source de tensions entre héritiers. Certains souhaitent conserver le bien pour des raisons affectives, tandis que d’autres privilégient sa vente afin de recevoir leur part successorale sous forme de liquidités.

Lorsque plusieurs héritiers deviennent copropriétaires d’un chalet ou d’un appartement, une situation d’indivision naît automatiquement. Les décisions importantes doivent alors être prises conjointement, ce qui peut rapidement devenir difficile lorsque les intérêts divergent.

Une planification successorale adaptée permet notamment :

  • d’attribuer le bien à un héritier déterminé ;
  • de prévoir les modalités de calcul d’une éventuelle soulte ;
  • d’organiser une copropriété familiale ;
  • ou de fixer les conditions d’une vente future.

Ces questions méritent d’être anticipées bien avant l’ouverture de la succession, particulièrement lorsque le bien constitue une part importante du patrimoine familial.


Votre chalet ou bien immobilier dans la succession

Au Valais, la valeur fiscale retenue par l’administration cantonale peut différer significativement de la valeur de marché — avec des conséquences directes sur les droits de succession et le partage entre héritiers.

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4. Transmission des domaines agricoles et viticoles

Le Valais possède le plus vaste vignoble de Suisse ainsi qu’un nombre important d’exploitations agricoles familiales.

La transmission de ces biens obéit à des règles particulières. Dans certaines situations, la valeur prise en considération n’est pas la valeur de marché mais la valeur de rendement agricole. Cette différence peut avoir un impact considérable sur le partage entre héritiers.

Le droit foncier rural prévoit également différents mécanismes destinés à favoriser la poursuite de l’exploitation agricole ou viticole.

La transmission d’un domaine familial mérite généralement une analyse individualisée afin d’éviter des conflits ou des conséquences financières inattendues.


5. Concubinage et familles recomposées

Le concubinage est fréquent en Suisse, mais il demeure peu protégé par le droit successoral. Au Valais comme dans le reste du pays, le concubin ou la concubine n’est pas héritier légal. En l’absence de testament, il ou elle n’hérite donc de rien.

Cette situation peut être particulièrement problématique lorsque le logement familial appartient à un seul partenaire, lorsque des enfants issus d’une précédente union sont présents, ou lorsque le couple a participé ensemble au financement d’un bien immobilier.

Un testament permet de protéger le partenaire survivant dans les limites de la quotité disponible. Lorsque le patrimoine est important ou que la situation familiale est complexe, une planification plus approfondie peut être nécessaire.


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6. Fiscalité successorale dans le canton du Valais

Le Valais figure parmi les cantons romands relativement favorables en matière de fiscalité successorale. Le conjoint survivant et les descendants bénéficient d’une exonération totale des droits de succession. En revanche, les transmissions en faveur de frères et sœurs, de neveux et nièces, de concubins ou de tiers peuvent être soumises à l’impôt.

Le montant effectivement dû dépend du lien de parenté, de la valeur des biens transmis, de la commune concernée et des centimes additionnels communaux applicables.rnés, il est généralement recommandé d’évaluer les conséquences fiscales avant toute planification successorale.


Vue d’ensemble — Droits de succession au Valais par bénéficiaire

BénéficiaireExonéréTaux indicatif global
Conjoint / partenaire enregistré✅ Oui
Enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants✅ Oui
Parents✅ Oui
Frères et sœurs❌ Non5 % à 12 %
Oncles, tantes, neveux, nièces❌ Non10 % à 22 %
Autres membres de la famille❌ Non20 % à 40 %
Concubin(e) non marié(e)❌ Non25 % à 45 %
Amis, connaissances, tiers❌ Non25 % à 45 %
ONG / organisations d’utilité publique✅ Oui

Taux indicatifs incluant les centimes addTaux indicatifs incluant les centimes additionnels communaux. Ils varient selon le montant hérité et la commune de dernier domicile du défunt — Sion, Sierre, Martigny, Monthey, Verbier, Zermatt, Crans-Montana, etc.


Détail par profil

Conjoint survivant, enfants et parents Exonération totale, sans plafond de montant, sous réserve de situations avec des biens à l’étranger ou dans un autre canton.

Frères et sœurs

  • Jusqu’à CHF 500’000 : entre 5 % et 8 %
  • Entre CHF 500’000 et CHF 1’000’000 : entre 7 % et 10 %
  • Au-delà de CHF 1’000’000 : entre 9 % et 12 %

Oncles, tantes, neveux, nièces

  • Jusqu’à CHF 500’000 : entre 10 % et 15 %
  • Entre CHF 500’000 et CHF 1’000’000 : entre 13 % et 18 %
  • Au-delà de CHF 1’000’000 : entre 16 % et 22 %

Autres membres de la famille

  • Jusqu’à CHF 500’000 : entre 20 % et 30 %
  • Entre CHF 500’000 et CHF 1’000’000 : entre 25 % et 35 %
  • Au-delà de CHF 1’000’000 : entre 30 % et 40 %

Concubin(e), amis, tiers

  • Jusqu’à CHF 500’000 : entre 25 % et 35 %
  • Entre CHF 500’000 et CHF 1’000’000 : entre 30 % et 40 %
  • Au-delà de CHF 1’000’000 : entre 35 % et 45 %

Un concubin qui hérite d’un chalet à Verbier d’une valeur de CHF 800’000 pourrait se voir réclamer entre CHF 240’000 et CHF 320’000 de droits de succession. Des taux significativement inférieurs à Genève ou Vaud — mais qui peuvent tout de même contraindre à la vente du bien sans anticipation.

Organisations à but non lucratif

Totalement exonérées, à condition qu’elles poursuivent un but d’utilité publique, aient leur siège en Suisse et bénéficient d’une exonération fiscale sur le bénéfice.

Une analyse personnalisée est souvent recommandée lorsque des biens immobiliers importants sont concernés ou lorsque le bénéficiaire n’appartient pas au cercle familial proche.

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7. Successions internationales et expatriés

Le Valais accueille de nombreux propriétaires domiciliés dans d’autres cantons ou à l’étranger. Il n’est pas rare qu’une succession présente des éléments de rattachement avec plusieurs juridictions : chalet au Valais, domicile principal dans un autre canton, héritiers résidant à l’étranger, biens situés en France, en Italie ou dans un autre pays.

Dans ces situations, les questions de droit international privé et de fiscalité intercantonale doivent être examinées avec attention. Les règles applicables peuvent varier selon la nationalité du défunt, son domicile et la localisation des biens.

Les biens immobiliers situés au Valais sont en principe soumis à la fiscalité successorale valaisanne, même si le défunt était domicilié dans un autre canton. Une planification précoce permet souvent d’éviter des procédures longues et coûteuses pour les héritiers.


8. Comment organiser efficacement sa succession sur la Valais ?

La planification successorale ne consiste pas uniquement à rédiger un testament. Une réflexion complète implique généralement l’identification des héritiers légaux, le calcul des réserves héréditaires, l’analyse du régime matrimonial, l’évaluation du patrimoine immobilier et l’examen des conséquences fiscales.

Selon les situations, différents outils peuvent être envisagés :

  • testament olographe ou authentique ;
  • pacte successoral ;
  • donation entre vifs ;
  • usufruit ;
  • institution d’un exécuteur testamentaire ;
  • mandat pour cause d’inaptitude ;
  • directives anticipées.


Voici les 6 étapes à suivre pour organiser sa succession sur le canton du Valais :

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Étape 3 — Rédiger son testament

En Suisse, le testament olographe (entièrement écrit, daté et signé à la main) est juridiquement valable sans notaire. Notre générateur vous guide en 10 étapes : désignation des héritiers, legs particuliers, legs aux ONG, nomination de l’exécuteur testamentaire.

Étape 4 — Protéger sa vie

Les directives anticipées vous permettent d’exprimer vos volontés médicales si vous devenez incapable de discernement. Le mandat pour cause d’inaptitude désigne la personne qui gérera vos affaires si vous ne pouvez plus le faire. Ce sont deux documents distincts du testament, mais tout aussi essentiels.
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Étape 5 — Centraliser et sécuriser vos documents

Testament, contrat de mariage, polices d’assurance, actes de propriété : vos proches doivent pouvoir retrouver ces documents. Notre coffre-fort numérique vous permet de les stocker de manière sécurisée et de définir qui y aura accès.
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Étape 6 — Consulter un professionnel


Pour les situations complexes — patrimoine international, famille recomposée, entreprise, donation-partage — l’accompagnement d’un notaire ou d’un conseiller en planification successorale reste indispensable. Nous mettons en relation avec des professionnels du droit suisse.
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9. Questions fréquentes sur la succession au Vaud

Peut-on faire son testament sans notaire au Valais ?

Oui. Le testament olographe est valable en Suisse à condition d’être entièrement écrit à la main, daté et signé. Notre générateur vous aide à rédiger un document complet que vous n’avez plus qu’à recopier.

Peut-on déshériter un enfant ?

Non, sauf situations exceptionnelles prévues par la loi. Les descendants bénéficient d’une réserve héréditaire correspondant à la moitié de leur part légale.

Le concubin hérite-t-il automatiquement ?

Non. En l’absence de testament ou de pacte successoral, le concubin n’a aucun droit successoral légal.

Que devient un chalet familial après un décès ?

Sauf disposition contraire dans le testament, il entre dans la succession et appartient collectivement aux héritiers jusqu’au partage. Sans règles prévues à l’avance, cette indivision peut durer des années et générer des conflits importants.

Où conserver son testament au Valais ?

Auprès de la Justice de paix de votre district, chez un notaire, ou dans le coffre-fort numérique Legal Testa.

Qu’est-ce que la déclaration de succession au Valais et quel est le délai ?

La déclaration de succession doit être remise au Service cantonal des contributions dans les 6 mois suivant le décès. Elle inventorie l’ensemble des actifs et passifs du défunt et sert de base au calcul des droits éventuels.

Je possède un chalet au Valais mais j’habite dans un autre canton : quelle fiscalité s’applique ?

Les biens immobiliers situés au Valais sont en principe soumis à la fiscalité successorale valaisanne, même si le défunt était domicilié ailleurs. La commune valaisanne de situation du bien perçoit les droits correspondants.


10. Conclusion : Prenez les choses en main maintenant

La succession concerne toute personne disposant d’un patrimoine, d’un conjoint, d’enfants ou de proches qu’elle souhaite protéger.

Au Valais, la présence fréquente de résidences secondaires, de patrimoines immobiliers importants et de biens agricoles ou viticoles rend la planification successorale particulièrement pertinente. Une réflexion menée suffisamment tôt permet d’éviter de nombreux conflits et d’assurer une transmission conforme à ses volontés.

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Et après ? Pensez aussi à vos funérailles.

Planifier sa succession, c’est aussi soulager ses proches de décisions difficiles à prendre dans l’urgence. La prévoyance funéraire permet d’organiser à l’avance le type de funérailles souhaité, leur financement, et d’éviter à votre famille une charge émotionnelle et financière supplémentaire au moment du deuil.

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Legal Testa est un service en ligne de planification successorale. Il ne remplace pas les conseils d’un notaire ou d’un avocat spécialisé pour les situations complexes.